Auteur Sujet: Article Lagunaire D'Eric  (Lu 1905 fois)

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Article Lagunaire D'Eric
« le: novembre 18, 2013, 11:03:54 am »
Fiche technique d’un bac lagunaire de 120 Litres
Cette fiche technique permet de créer un bac lagunaire à petit prix, sans groupe froid ni écumeur. D’une période allant d’octobre à mai (ou plus pour les nordistes).

Liste de l’équipement minimum indispensable (+ prix) utilisé pour le bac :
  • Volume brut du bac = 120 L d’occasion + meuble (120 €)
  • Filtre interne fourni avec le bac = 600 L/h
  • Filtre externe neuf = 900 L/h (100€)
  • Pompe de brassage = 600 L/h (20 €)
  • Éclairage (1 néon) : 35 W (18 €)
  • Paquet de ouate 3€
  • Salinomètre 9 €
  • Multiprises 10 €
  • Programmateur pour l’allumage de l’éclairage 10 €
  • Un morceau de tuyau souple de 2 m de long = 3 €
  • Test NO3 et NO2 : 24 €
  • Rape à vitres : 4 €
  • Bidons pour transporter l’eau (récupération donc gratuit)
Total = 321€ (Et on peut faire mieux sans trop se casser le c*l)


Aménagement du bac pendant le premier mois :
Déposer en premier, à même le verre ou sur une couche de géotextile (pour protéger le
verre) environ 15 Kg de pierre vivante bien poreuse directement en contact avec le fond du
bac. Ces roches sont prélevées directement dans la lagune dans moins d’1 mètre d’eau.
Choisir de préférence des roches recouvertes de concrétions et avec des vers dessous.
Enlever les grosses algues présentes sur les roches, mais laisser toute la faune associée
(ligies, BH filtreurs, ophiures, gammares).
Ajouter 5 à 7 cm de sable naturel prélevé dans les premiers 10 cm, dans une lagune ou dans
un avant port.
Sur cette couche de sable, répandre une couche de graviers grossiers (mélange de débris
coquillers et de petits cailloux).
Laisser tourner le bac pendant 3 semaines à 1 mois et contrôler régulièrement les NO2 et
NO3. Normalement ça ne devrait pas augmenter (ou très peu). Il n’y a pas de pic et c’est
normal, car c’est du tout naturel.


Deuxième aménagement :
Quand les 3 semaines à 1 mois se sont écoulées, déposer sur les roches, des huitres
ouvertes (mortes) ramassées dans le milieu naturel. Elles offrent des abris pour les
bestioles, pour les poissons et un très bon support pour les algues. Essayer de conserver la
faune associée (ophiures, vers, BH filtreurs…).
On peut également poser des massifs d’huitres mortes (collées les unes aux autres) ou à
défaut une roche couverte d’huitres mortes, c’est très facile à trouver dans les lagunes. Elles
joueront le rôle d’abri pour poisson, de roche vivante légère et de support pour les algues.
En trouvant de bonnes combinaisons de constructions, on peut facilement empiler les
structures jusqu’à la surface de l’eau.
Laisser tourner environ une semaine supplémentaire.


Suite de l’aménagement et introduction d’espèces :
Ma population de faune introduite était assez vacillante. En général, chaque poisson est
resté moins d’un mois dans le bac avant d’être relâché.

En première partie (novembre–février) j’avais :

  •     3 blennies paon (un mâle et deux femelles).
  •     2 gobies
  •     10 crevettes bouquet
  •     1 cérianthe
  •     2 spirographes
  •     4 sabelles
  •     10 anémones diverses
  •     8 limaces de mer.
  •     20 ascidies
   

En seconde partie (mars – mai) j’avais :

  •     Une Blennie Paon mâle
  •    Trois petits Crénilabres
  •    Un bébé Sar
  •    Deux Blennies Sphinx
  •    Deux Triptérygions
  •    Une Blennie Diabolo
  •    12 crevettes bouquet
  •    3 crabes
  •    3 Spirographes
  •    4 Sabelles
  •    20 anémones diverses
  •    Ma population de végétation introduite était de :
  •    4 pieds de Sargassum
  •    2 pieds de Cystoseira
  •    1 galet couvert d’Algues rouges
     

        Ensuite d’autres espèces qui se développent d’elles mêmes au fil des jours (Dichotoma,
        ulves, entéromorphes, algues rouges branchues).

        Au fil du temps, la végétation grandit, c’est le cas des sargasses (espèce que j’estime être la
        plus adaptée et la plus esthétique dans un aquarium). D’autres vieillissent et meurent en
        quelques semaines (dichotoma). Il faut donc penser a les élaguer et les retirer si elles sont
        trop vieilles.

        Température de l’eau :
        Sans groupe froid, il faut maintenir une température de la pièce à 21°C maximum.
        L’idéal étant de 19 – 20°C la journée et 16 – 18°C la nuit.
        Cette fourchette de température correspond à l’optimum pour une chambre à coucher en
        hiver. Donc à priori il n’y a pas de problème…
        Il m’arrivait parfois de faire baisser volontairement la température du bac, si la nuit
        s’annonçait trop chaude. Un pain de glace d’eau de mer (2 litres) et ça fait baisser la
        température du bac de 2°C.
        Quand la température diurne du bac arrive à 25°C, il est temps d’arrêter l’aquarium et
        attendre l’automne suivant.

        Nourriture :
        1 fois par jour : un glaçon de soupe (broyat de chair de poisson et de moule crue) qui flotte et
        fond lentement en surface. Ou un oursin ouvert en deux.
        1 fois tous les 3 jours : Petit supplément avec une moule vivante ou congelée crue ouverte.
        1 fois par semaine : nourrissage des anémones et cerianthe avec de la chair de moule crue.
        (les moules cuites sont souvent rejetées par les anémones).
        Changements d’eau :
        1 fois tous les 10 jours environ, changer 30 L d’eau. Il est possible d’entreposer de l’eau de
        lagune dans un endroit frais, sombre et bidons ouverts pendant deux semaines au moins.
        Attention aux trop grands écarts de température (pas plus de 10°C d’écart dans le bac).

        Filtration hebdomadaire et écumeur du pauvre :
        Avant le changement d’eau, je mets deux ou trois pompes puissantes dans le filtre interne,
        dans lequel j’ai placé de la ouate de filtration. Ensuite je simule une tempête (très fréquentes
        dans les lagunes du Golfe du Lion) en passant une pompe de brassage près du fond. Faire
        des turbulences un peu partout pour faire « voler » toutes les particules. Ça va ressembler à
        une soupe de vase et de débris. C’est normal ! La saleté sera vite aspirée vers le filtre à
        ouate. Laisser tourner tant qu’il y a des particules. Une fois que l’eau est limpide, commencer
        à vider le bac. Et c’est une fois que le niveau baissé et la ouate du bac sera hors de l’eau
        qu’on pourra la retirer, sinon ça remettrai tout en suspension !
        Vider l’aquarium jusqu’au niveau désiré.
        Remplacer par de l’eau de lagune propre.
        Faire attention à n’utiliser que de l’eau de lagune ou à défaut de l’eau de mer additionnée
        d’eau douce pour obtenir une salinité de 34 maximum. 28 étant la valeur optimale. Ne pas
        hésiter à faire varier cette salinité. On peut passer brusquement de 36 à 20 sans trop de
        problèmes. Idem pour la température. On peut passer brusquement de 22°C à 13 ou 14°c
        sans souci, les espèces lagunaires sont habituées à ces changements brutaux. C’est même
        le moteur de leur vitalité !
        Donc avec cette méthode de changements d’eau, pas besoin d’écumeur. Il faut quand même
        habiter près de la mer. Et se réserver deux ou trois heures de manipulations une fois par
        semaine.
        L’avantage c’est que le plancton est préservé. Et ça c’est bon pour les filtreurs.
        Parfois je place une fine couche de coton hydrophile (pharmacie) dans le bac du filtre
        intérieur (au même endroit que la ouate). Ça filtre beaucoup plus fin que la ouate, donc ça
        permet de récupérer davantage de microparticules. Attention toutefois, le coton c’est
        organique, donc pas plus de 12h dans le bac, sinon il se décompose…
        Une séance de changement d’eau sur deux, je lave entièrement le filtre extérieur avec de
        l’eau de lagune propre (on peut utiliser l’eau du bac vidé).

        Le filtre extérieur :
        Le filtre externe est colonisé par des centaines de ligies, de gammares et de BH filtreurs, ils
        s’y plaisent très bien. Au fond du filtre, j’ai remplacé la moitié des nouilles en céramique par
        des pierres vivantes concassées.
        Pour laver les mousses ma technique et de les imprégner d’eau puis de les taper
        violemment contre une surface verticale. Il en sort une boue très dense.
        Et ensuite je tamise le contenu pour récupérer les bestioles qui se seraient échappées.
 
 
Problèmes rencontrés :

        Mortalités :
        Les mortalités dues à un saut par-dessus le bac ont concerné 4 crevettes (15 sauts
        observés), un gobie, un syngnathe, quelques escargots. Une blennie paon sauvée in
        extremis….
        Les mortalités à l’intérieur du bac concernent deux athérines foudroyées par un choc
        thermique à cause d’une introduction trop brutale, un gobie mort par manque d’O2, un gobie
        mangé par une blennie paon.
        J’ai également perdu deux bébés sars probablement capturés par le cérianthe…

        Problèmes du bac :
        Un seul problème sérieux a été rencontré. Il s’agissait d’un début de crise anoxique qui
        aurait pu finir en catastrophe. J’ai rapidement enrayé cette crise en plaçant une pompe de
        brassage près de la surface de manière à ce qu’elle aspire un peu d’air et joue le rôle de
        bulleur de secours, ventilation en surface avec un ventilateur et diminution de la température
        de la pièce (ouverture des fenêtres en hiver ça va vite !).
        En 3 heures le milieu était déjà en sursaturation.
        La cause de cette crise anoxique : une pelote de déchets en putréfaction accumulée derrière
        le bac et une touffe d’algue trop « mature ».
        Voilà, normalement en suivant à la lettre cette fiche technique, il est possible de réussir un bac lagunaire…

       
Bonne chance…
Éric 66   

 

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